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Le phénomène d’enlèvements de femmes et d’enfants au Soudan du Sud inquiète l’ONU

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La Commission des Nations Unies pour les droits de l’homme au Soudan du Sud s’est dite inquiète, ce lundi 19 février, face à l’augmentation des enlèvements et des cas de traite d’êtres humains dans ce pays africain.

Selon les informations relayées par Onu Info, les experts de la Commission de l’ONU se sont rendus, au terme de leur douzième visite dans ce pays (12 -17 février 2024), dans la région administrative du Grand Pibor et dans l’État de Jonglei où «des femmes et des enfants continuent d’être enlevés lors de violentes attaques caractère ethniques menées par des milices lourdement armées».

Ils informent que de nombreuses personnes enlevées sont retenues en otage, soumises à un mariage forcé et subissent des abus brutaux, des viols et de l’esclavage sexuel ; ajoutant que l’année dernière, certaines femmes et certains enfants enlevés ont été exposés comme des marchandises sur un marché et vendus.

La Commission a interrogé des femmes qui étaient en captivité depuis plus de quatre ans, séparées de leur famille et de leurs enfants.

Les enquêteurs onusiens pointent du doigt un système de justice pénale dysfonctionnel qui permet aux auteurs de ces crimes d’agir en toute impunité. Les rançons négociées par les autorités et versées aux ravisseurs ne dissuadent pas les auteurs de ces crimes ; au contraire, elles incitent à de nouveaux enlèvements, estiment-ils.

«Les victimes et les membres de leur famille nous ont dit qu’ils étaient traumatisés par les enlèvements et désabusés par le manque de soutien pour retrouver leurs proches disparus ou retenus en otage», a fait part l’un des trois membres de la Commission, Carlos Castresana Fernández, déplorant le sort d’une «population sans défense face aux auteurs de violations des droits de l’homme».

L’expert a souligné l’urgence «de mettre en place un arbitre indépendant capable de résoudre pacifiquement les éventuels différends électoraux».

Plus largement, les enquêtes de la Commission ont révélé que la violence et les violations flagrantes des droits de l’homme se poursuivent en toute impunité, les femmes et les enfants étant les principales cibles de ces crimes.

La Présidente de la Commission, Yasmin Sooka, a jugé «essentiel de mettre en place des dispositifs de sécurité essentiels et un système judiciaire indépendant soutenu par les processus constitutionnels prévus dans le cadre de l’accord revitalisé, afin d’éviter un retour au conflit après les élections ». Elle a aussi plaidé pour la mise en place pour «une armée nationale unifiée et des processus de justice transitionnelle pour faire face au passé et aux causes profondes du conflit».

Pour les enquêteurs onusiens, les dirigeants sud-soudanais doivent gérer avec soin la conclusion de la transition politique du pays afin de parvenir à une paix durable et de prévenir la violence et les violations flagrantes des droits de l’homme.

Ces processus prévus par l’Accord revitalisé de 2018 jettent les bases d’une paix durable et de la protection des droits de l’homme, mais aucun n’est encore sur le point d’être achevé, même si les dispositions transitoires se terminent après les élections prévues en décembre 2024, alerte-t-on.

La Commission présentera, le 1er mars prochain, son prochain rapport sur la situation des droits de l’homme au Soudan du Sud lors de la 55e session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève (26 février-5 avril 2024), note ONU Info.

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